Sessions et invitiés

Sessions:

1) Ecologie des interactions

2) Génétique et biologie des populations

3) Ecologie chimique

4) Biodiversité

5) Ecologie des endosymbiontes

6) Invasion biologique et lutte biologique

7) Ecologie évolution et comportement

 

Invités:

Guy_Boivin

Guy Boivin: "Gérer l'éphémère: stratégies reproductives chez les parasitoïdes des oeufs"

Les parasitoïdes des oeufs font face à des contraintes importantes en raison de leur petite taille et d'une longévité de quelques jours. Ces contraintes limitent évidemment leurs ressources énergétiques ainsi que leur capacité à se déplacer dans l'environnement. On s'attend donc à ce que les stratégies reproductives de ce groupe de parasitoïdes reflètent ces contraintes. Contrairement au paradigme voulant que les femelles produisent un petit nombre de gamètes, les oocytes, dans lesquels elles investissent beaucoup alors que les mâles produisent une grande quantité de gamètes, les spermatozoïdes, les mâles de plusieurs espèces de parasitoïdes des oeufs produisent peu de spermatozoïdes et expriment des comportements visant à optimiser leur utilisation. Les femelles utilisent parcimonieusement ces spermatozoïdes, n'utilisant souvent qu'un seul spermatozoïde par oocyte fécondé et utilisent tous les spermatozoïdes contenus dans leur spermathèque au cours de leur vie. Cette stratégie modifie les conditions sous lesquelles la compétition spermatique peut s'exprimer. Les spermatozoïdes compétitionnent d'abord lors de l'accès à la spermathèque, puis lors de la sortie de la spermathèque à la fertilisation d'un oocyte. Chez les espèces de parasitoïdes des oeufs grégaires et quasi-grégaires, les accouplements sur l'agrégat d'hôtes sont importants mais ne représentent pas l'ensemble des accouplements. Les mâles se dispersent dans l'habitat à la recherche de femelles et des données en milieu semi-naturel suggèrent que les accouplements hors-agrégats peuvent représenter une proportion importante des accouplements dans une population. Les caractéristiques liées aux contraintes importantes auxquelles font face ces insectes en font des candidats intéressants pour tester des hypothèses liées à la reproduction et aux traits d'histoire de vie.

 

Jean_Louis_Deneubourg

Jean-Louis Deneubourg: "Auto-organisation, effets Allee et insectes"

 

La théorie des systèmes complexes ou de l’auto-organisation trouve une de ses principales origines dans les sciences biologiques et notamment l’écologie. Dans le cadre de cet exposé, nous nous intéresserons aux relations entre d’une part les comportements des individus et leurs interactions et d’autre part les structures et caractéristiques qui en résultent au niveau du système, que celui-ci soit un groupe, une société ou une population. Les comportements et interactions sont à l’origine du réseau de feedbacks positifs et négatifs qui gouverne la dynamique. Si la théorie des systèmes complexes conduit à une forme de réductionnisme dans le sens que le même réseau de feedbacks quelque soit le système biologique (ou physique, ou chimique) où il œuvre conduit aux mêmes réponses collectives, il n’en reste pas moins que ce résultat ne doit pas « effacer » les spécificités de chaque niveau du vivant et dans les cas qui nous intéressent l’autonomie et les capacités des individus et encore moins les questions évolutives qui s’y rapportent. Dans les systèmes sociaux ou grégaires, nous retrouvons des réseaux de feedbacks très similaires les uns aux autres et ce pour des espèces ou des fonctions/activités très différentes. Nous discuterons des exemples concrets, en particulier de choix collectifs et d’agrégation, de leur valeur adaptive et du pourquoi de leur généralité. Nous verrons également comment la modulation des interactions peut être à l’origine d’organisations spatiales diverses, d’effets Allee et de seuils critiques, ces derniers phénomènes pouvant notamment être essentiels dans des problèmes de gestion.

 

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Hans Van Dyck: "Transformer son prédateur en nourriture, écologie évolutive du parasitisme social chez les papillons myrmécophiles"

 

En milieu terrestre, les fourmis ont un rôle écologique dominant dans les communautés des arthropodes. Globalement leur biomasse dépasse le poids de toute l’humanité. Échapper à la prédation des fourmis représente une adaptation évolutive intéressante pour les proies potentielles. La myrmécophilie définit une telle stratégie de certains organismes à vivre en association externe avec les fourmis. Je me focaliserai sur les associations myrmécophiles chez les papillons de la famille des Lycaenidae. Dans ce groupe taxonomique qui connait une richesse spécifique très élevée, on observe un gradient interspécifique dans l’intensité des relations myrmécophiles. Au stade larvaire certaines espèces sont simplement ignorées par les fourmis, mais chez la plupart des espèces une symbiose fourmis-chenilles de papillon est connue. Les chenilles produisent un miellat issu d'organes spécifiques et communiquent avec les fourmis. Les fourmis protègent les chenilles sur leur plante hôte contre certains prédateurs ou parasites et profitent des excrétions sucrées, mais la relation de symbiose n’est typiquement pas obligatoire pour la survie des espèces concernées. Par contre, une minorité d’espèces a mis au point des stratégies plus complexes pour inciter les fourmis à les adopter et les soigner au sein de leurs fourmilières. Cette stratégie très spécialisée se déroule selon le principe du mimétisme de Wasmann et concerne le mimétisme olfactif et acoustique. Les espèces du genre Phengaris (Maculinea) sont des exemples fortement étudiés, mais on trouve la même stratégie aussi chez des espèces de lycénidés qui sont phylogénétiquement indépendantes. Dans la littérature une telle stratégie de parasitisme très spécialisé est souvent considérée comme un « cul-de-sac évolutif ». J’explore les conséquences potentiellement intéressantes pour les chenilles liées au changement de régime alimentaire d’herbivore en régime d’insectivore. Est-ce que cela nous offre une explication pour leur grande taille et la fécondité élevée? Est-ce que cette évolution marque un changement significatif selon l’axe de la stratégie de reproduction style « capital breeding » au lieu de « income breeding »? Est-ce qu’il y a aussi un lien avec la conservation de ces espèces de papillons qui sont en régression? Dans ma conférence, je traiterai ce genre de questions éco-évolutives sur ces entomophages extraordinaires.  

 

 

photo francois verheggen

Francois Verheggen"Un regard nouveau sur le mutualisme fourmis-pucerons" 

 

Nombre d’homoptères producteurs de miellat ont développé des relations de mutualisme avec les fourmis. Depuis des décennies, le cas particulier des fourmis et des pucerons est l'un des modèles de mutualisme les plus étudiés, et a captivé des générations d’entomologistes. Sans défense, les pucerons sont des proies faciles pour de nombreux ennemis naturels. Cependant, certaines espèces (dites myrmécophiles) sont observées associés à des fourmis, qui protègent leurs partenaires en échange de leur miellat, riche en sucres et acides aminés. Sédentarisme, absence de réaction agressive, omniprésence et habitudes grégaires, tous ces facteurs contribuent à faciliter leur découverte et leur contrôle par les fourmis. Mais la rencontre entre ces deux partenaires est facilitée par un troisième groupe d’organismes: des bactéries. Se développant dans le miellat, ces dernières guident, par les odeurs qu’elles produisent, les fourmis exploratrices vers la colonie de pucerons.

Dans cette conférence nous présenterons les résultats de plusieurs années de recherche démontrant l’importance : (1) du rôle de protection des fourmis, (2) de la composition en sucre du miellat, (3) des phéromones aphidiennes et (4) des bactéries se développant dans le miellat, pour l’établissement et le maintien des relations de mutualisme entre fourmis et pucerons.

 

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Christophe Vorburger: "Symbiont-conferred resistance to parasitoids – implications for bilogical control" 

Only about ten years ago the first paper was published demonstrating that heritable bacterial endosymbionts can protect aphids against parasitoids. An explosion of research since has shown that symbiont-conferred resistance is widespread in insects. This challenges existing theory on host-parasitoid interactions. Using models that incorporate effects of symbionts, we identify several factors that are important in determining the dynamics of host-parasitoid coevolution when mediated by symbionts, such as the specificity of symbiont-conferred protection, the costs associated with harbouring symbionts, or their rate of horizontal transmission. We are in the process of studying these factors empirically in a model system comprising the black bean aphid, Aphis fabae, its defensive symbiont Hamiltonella defensa, and the parasitoid Lysiphlebus fabarum. The results so far indicate that symbionts behave such that they do indeed play a crucial role by altering the reciprocal selection between hosts and parasitoids, leading to coevolutionary dynamics that are not observed in their absence. I discuss the implications of these findings for biological control of pest aphids with parasitoids and I derive specific recommendations as to how biological control of symbiont-protected pests may be improved.